Quand le besoin d’aider appartient au coach
Le coach aime accompagner. Jusque-là, plutôt rassurant. Mais parfois, à force de vouloir aider, une petite cape de sauveur peut discrètement apparaître sur ses épaules.
Il veut trouver LA bonne question, débloquer la situation, provoquer la prise de conscience… et, si possible, voir repartir son coaché transformé. Après tout, c’est gratifiant de se sentir utile.
Mais utile à qui ?
Lorsque le besoin d’aider devient celui du coach, les rôles peuvent doucement s’inverser. Le coach questionne pour obtenir une réponse, propose parce qu’il voudrait que cela avance, remplit les silences, cherche une solution ou s’investit davantage dans l’objectif que la personne elle-même.
Le coaché risque alors de devenir, bien malgré lui, le terrain sur lequel le coach vérifie qu’il est un bon coach.
Travailler sa posture, c’est aussi apprendre à repérer cette petite cape lorsqu’elle commence à pousser.
Suis-je en train d’intervenir parce que cela sert réellement la personne ? Parce qu’elle en a besoin ? Ou parce que j’ai besoin qu’elle ait besoin de moi ?
Renoncer au rôle de sauveur ne signifie pas devenir indifférent. C’est accepter d’être un outil : questionner, confronter, proposer parfois, puis laisser l’autre expérimenter, choisir et même ne pas suivre le chemin que nous avions imaginé.
Un bon outil n’a pas besoin qu’on l’utilise éternellement.
Et parfois, la meilleure intervention du coach consiste précisément à résister à l’envie d’intervenir.
Inconvénient proposé par
Eric le 14/09/2026 17:00:41